Le Cercle

Une exploration des clubs de sports de combat en Seine-Saint-Denis

Chronique aux Diables Rouges

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Dimanche 24 mai 2015. Grand Prix International de lutte de Bagnolet Diables Rouges (lutte) à Bagnolet. Gymnase Cifarielo Fanara, Bagnolet

Les membres du cercle sont venus assister à la Compétition.

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J’arrive un peu avant 10 heures. J’ai vu les entraineurs arméniens devant l’hôtel Mister Bed au métro Gallieni.

Les participants passent à la pesée, Dane à l’ordinateur est en train de faire les tableaux par âge (minimes, cadets, juniors) et catégories de poids. Maurice est au barbecue ;

Mahawa a décidé de lutter.

Des licenciés du SCLA à Aulnay, de Reims, de l’USMétro, de Sainte-Geneviève des Bois, des palestiniens, des arméniens.

Les gamins se chauffent sur les tapis ensemble par club. Tout le monde se connaît.

Les arbitres (dont Christian) sont en tenue : pantalon gris, chemise bleu ciel, veste bleu marine, cravate de la FILA jaune. Une arbitre femme. Les autres sont des hommes.

Didier est déçu du peu de concurrents. Il se pose des questions car ça fait deux ans que c’est comme ça. Il y a beaucoup d’enfants le samedi (poussins, benjamins) avec les familles mais peu le dimanche. C’est en fin de saison, les clubs n’ont plus d’argent pour les déplacements. Les ivoiriens n’ont pas eu leurs visas. Les allemands ont fait défection. Les géorgiens (comme d'habitude) viennent le samedi et visitent Paris le dimanche.ado gradinspoursite

Il a trouvé des places à l’hôtel Mister Bed pour loger la délégation arménienne parce que le fils de la responsable a commencé la lutte cette année et qu’il lui a demandé. S’il avait un budget il pourrait proposer à des clubs de leur payer la nuit d’hôtel pour qu’ils puissent venir sans problème.Il pense peut-être déplacer le grand prix avant les championnats de France comme ça, ça fait une préparation.Et peut-être le faire homologuer par la fédération, ce qui oblige les clubs à envoyer leurs lutteurs qui sont en pôle lutte. Le hic c’est que du coup les inscriptions sont plus chères (13€ au lieu de 5€ par participant) et c’est la fédération qui ramasse la différence et qui n’aide en aucune façon à l’organisation et en plus il faut payer l’hôtel et le défraiement d’un représentant de la fédération… Il se pose aussi la question d’alterner lutte libre et lutte gréco-romaine un an sur deux (là il n’y a que libre) car les lutteurs français font plutôt de la gréco car les champions (Mélo, Steve Guenot) sont en gréco. Bref, Didier dit qu’il faut revoir ça pour ne pas recommencer l’année prochaine ce d’autant que les quelques clubs qui sont venus n’auront pas envie de revenir vu le peu de lutteurs.

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A 10h45, les tableaux sont affichés. Il y a certaines catégories où il n’y a qu’un lutteur, ou deux… Théo Brillon (son père, Xavier, a été quinze fois champion de France) est en minime moins de 46kg, inscrit à Créteil.

Mahawa et Samah vont lutter l’une contre l’autre. (cadet féminine 65 kg)

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Nous discutons avec Robert Touraine, entraineur du SCLA (Sporting Club de Lutte d’Aulnay) –qui est avec sa compagne Odette Gilbert qui va sur ses 80 ans (elle va fêter dans quelques jours les 60 ans de sa fille).

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Ils sont accompagnés par deux lutteurs : Rémy Piejos et Petrus Stinca (moldave, dont le père et la sœur sont là ; il est depuis 3 ans au club)

Il dit qu’hier ils ont fait lutter des garçons contre des filles pour compléter des catégories. Il ne trouve pas ça terrible car les filles à poids égal se ramassent quand même des défaites, elles n’ont pas la même force. Il dit qu’ils vont peut-être lutter sur un seul tapis ou deux pour faire durer car le maire doit arriver à 17h pour la remise des prix… Il raconte qu’effectivement ils ont moins d’argent, les transports gratuits de la ville sont restreints pour les déplacements, que le CG et la région ne donnent plus rien. Les clubs sont fauchés ! Il explique que les lutteurs d’origine étrangère et qui n’ont pas la nationalité française n’ont plus le droit de faire les championnats régionaux et nationaux. Ils ont droit aux départementaux. Ils viennent donc dans ce genre de compétition.

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Rémy est battu mais il ne s’est pas entrainé ces deux derniers mois… Robert ne l’a vu qu’une fois en deux mois à l’entrainement.

(ce qu’il déplore)

La fillette arménienne qui est seule dans sa catégorie luttera une fois contre un garçon (elle perdra 22 à 3 en 30’) et une fois contre une fille plus grande qu’elle (elle perdra aussi)cripoursite

Didier nous dit à la fin que pour les visas des ivoiriens, ça a merdé à l’ambassade de France, que c’est remonté au ministère des affaires étrangères et qu’ils se sont excusés. Les ivoiriens seront là la première semaine de juin. Lui part à Bakou pour les jeux européens du 12 au 19 juin. C’est Mélo qui devait porter la flamme mais il y avait la pesée en même temps pour lui. Ça sera donc quelqu’un d’autre. Mélo luttera dans la catégorie des 98kg (au-dessus de sa catégorie habituelle)perefilspoursite

Il raconte que certains clubs ne veulent pas présenter leurs lutteurs trop tôt en compétition pour qu’ils ne se fassent pas battre. Ça pourrait les démoraliser, les pousser à arrêter. Il faut aussi faire avec les parents qui se projettent : n’ont pas envie de voir leurs enfants perdre. Certains pères mettent trop la pression. Le gamin qui combat voit son père proche de l’apoplexie, qui lui crie dessus. Didier dit qu’il veut en discuter avec les pères arméniens du club.

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Un gamin, il prend la piqure tout de suite ou pas. On voit dans les compétitions ceux qui regardent attentivement, qui sont intéressés. C’est un signe pour les entraineurs. Il y a aussi ceux qui jouent à lutter sur le côté en permanence mais qui sont morts de peur en compétition.

Mots-clés: Lutte

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