Le Cercle

Une exploration des clubs de sports de combat en Seine-Saint-Denis

Chronique aux Diables Rouges

Index de l'article

Mardi 30 juin 2015. Entrainement aux Diables Rouges (lutte) à Bagnolet. Salle Jean Legendre au complexe sportif de la Briqueterie

C’est la canicule !

Tout le monde est là : Vadim, Christian, Mihai, Dane, Gauthier et Hocine (Theo est en vacances), les arméniens, deux filles (dont celle qui ressemble à un garçon), le père de Hocine, les deux petits garçons dont un vient de l’US Métro (Ramza) : ils ont exactement le même gabarit, on pourrait croire des jumeaux. Mody Diawara etclutte tenderpoursite

Didier essaie d’avoir des billets pour Las Vegas en septembre. Il veut rester deux semaines et emmener Ella sa fille. Il est en train de se séparer de la mère d’Ella. C’est compliqué dit-il.

-Foot avec ballon en mousse

Jean-Jean arrive avec sa patte qui traîne, il s’assied sur le banc entre la lutteuse qui ne fait pas le foot et moi.

Il dit : « Je me suis fait foutre en l’air par une voiture il y a 40 ans et que maintenant j’ai les séquelles (un ulcère à la jambe)

J’ai 85 printemps, je ne compte pas les autres saisons »

Il me raconte que le Papa de Hocine, Djibril a été un grand lutteur à Bagnolet. Qu’il était d’Ivry au départ et est devenu champion en s’entrainant à Bagnolet.

Jean-Jean me dit que le petit bémol dans la carrière de Djibril c’est que le père de Djibril n’a pas voulu qu’il ait la double nationalité, il est resté uniquement algérien et n’a donc pas pu entrer dans l’équipe de France.

Jean-Jean raconte son interview avec la journaliste qui préparait une expo sur : les gens qui ont fait du bien à Bagnolet, avec une photo d’eux jeune et une d’eux maintenant.

Jean-Jean a posé avec une photo de lui lutteur.Jean Jean par Nathalie Rouckoutpoursite

Photo Nathalie Rouckout

« Les anciens des Diables Rouges sont allés en sortie à la mer de sable à Ermenonville la semaine dernière. Il y vont tous les ans, et c’est la première fois que je ne les accompagne pas : la patte n’aurait pas pu, dans le sable. »

Je me suis cassé la figure dans ma douche il y a deux ans, j’ai eu quatre côtes cassées. Le médecin m’a dit : « fini les galipettes sur le tapis »

Le fils de Jean-Jean (Jean-Pierre) a été lutteur. Il vient faire de la pelote avec les anciens. Il a 58 ans. Ce soir il n’est pas là car il est à un séminaire. C’est le directeur de tous les directeurs des Gymnase Club. Quand le Gymnase Club était associé au Club Mediterranée, il a négocié avec le fils Giscard qui dirigeait le Club Med.

La femme de Jean-Jean est morte du cancer. Elle a vécu 17 ans avec son cancer. Si elle vivait à l’heure actuelle avec la même maladie, peut-être qu’on saurait la soigner maintenant.

Il dit que c’est la première année depuis 1953 qu’il ne va pas aux championnats individuels. Il a ouvert la salle il y a 45 ans.Elle est maintenant à refaire : ce sera le cas si la candidature de Paris aux J.O. est acceptée.

Une fois, Jean-Jean s’est cassé le nez à un entrainement. Tout le club l’a accompagné à l’hôpital. Ils lui ont mis un plâtre. Quand le médecin lui a ensuite retiré, il a dit : « On vous a  loupé ! » Jean-Jean a regardé dans un miroir, le nez était un peu de travers. Le médecin a proposé de lui recasser et de le remettre droit mais dans sa clinique privée. Jean-Jean n’y est jamais allé.

Jean-Jean est entraineur depuis 51 ans. Il notait tous ses combats avant. Il a arrêté de noter en 56.

Il avait 660 combats, 600 victoires, 60 défaites.

Il écrivait sur la lutte dans un journal du 93. Il a tous les calendriers de chaque année avec l’équipe du club. Il me raconte que Mihai a eu du mal à obtenir la nationalité. Il était moldave, marié à une française. Il a eu la nationalité après avoir fait 3 ans d’armée dans le chasseurs alpins.

Caroline m’explique que les quatre jeunes garçons arméniens qui luttent seront en âge de figurer dans l’équipe olympique en 2024 s’ils obtiennent la nationalité française. Ils sont trois de 14 ans et un de 13 ans. L’un eux est le frère de Sasha qui est un peu plus grand.vadimjean jeanpoursite

Son mari à elle a eu un problème pour le renouvellement de sa carte d’identité car il était né à Madagascar (de parents français en mission là-bas). Ils lui ont demandé de prouver sa nationalité. Ça s’est fini au tribunal. On lui a donné un papier qui certifie sa nationalité française en lui disant qu’on ne lui délivrerait aucun autre exemplaire. Il n’a qu’un exemplaire de ce papier qui prouve qu’il est français.

Je lui explique que mon ami a eu le même problème alors qu’il sert dans l’armée française depuis 30 ans.

Didier discute longtemps avec un des jeunes arméniens et leurs pères pour leur expliquer qu’ils doivent apprendre le français et parler français le plus possible, même en France.

Caroline me dit que le défaut de Gauthier en lutte est de ne pas sortir la tête. Depuis toujours.

Didier m'annonce  que les cours reprendront le 2 septembre.

 

Mots-clés: Lutte

Imprimer