Le Cercle

Une exploration des clubs de sports de combat en Seine-Saint-Denis

Au bord de l’eau (Shui-hu-zhuan), De Shi Nai-an, Ed Folio (2 tomes)

Prendre le tome 2 de la pléiade pour avoir la fin de l’histoire.

« Au bord de l’eau » est un cinq romans classiques chinois. Histoire d’une bande de brigands devenant une puissance dressée contre l’Empereur, ce roman de cape et d’épée a été écrit – suppose-t-on - au XIV ° siècle par Shi Nai'an.

Rythmé par moult récit de combats, à main nu, à l’épée, à cheval, à bateau, Au bord de l’eau devait retenir notre attention d’amateurs de sports de combats.

Le plus fascinant dans ce récit, fondé sur de nombreuses tradition orale, outre sa truculence, sa pétulance, sa capacité à varier les styles (du plus vulgaire au plus poétique), est d’observer, au travers la constitution progressive de la bande de bandit, la gestation, la naissance, la croissance, d’adolescence, la maturité, le déclin et la mort d’un corps politique. Indubitablement le personnage principal du roman n’est pas un individu, mais un groupe, un collectif, un organisme composé de cent huit preux. Comme tout corps, cette bande a des moments de force, des moments de faiblesse, des maladies, des remèdes revigorants, et des poisons fatals.

au bord de leauT1Les lecteurs optimistes liront avec délice la traduction de Jacques Dars dans la version en 71 chapitres éditée en folio poche qui suit la constitution de la bande de voleur, en racontant par le détail les circonstances et les aventures qui ont présidé à l’arrivée de chacun des voleurs dans le groupe. À l’arrivée du cent huitième combattant, le groupe est parfait, glorieux, au faîte de sa puissance et de sa pureté, il se présente comme un adversaire très crédible face au corps gangréné par le népotisme et la corruption de l’empire.

Ceux qui sont enclins à une vision plus désenchantée voudront savoir comment le combat entre l’Empire et les Braves des Marais des Monts Liang se termine. Ils poursuivront leur lecture dans la Pléiade dans la traduction du même Jacques Dars jusqu’au chapitre 108 qui clôt définitivement le cycle par la mort du principal chef des brigands, Song Jiang.

Nous avons sélectionné deux passages présentant deux combats à mains nues.

Le premier de ces combats oppose un futur brigand, vrai pochtron, Wu Song, à un tigre qu’il va tuer de ses poings. Un des aspects les plus attachants de ce livre est que les personnages sont montrés avec toutes leurs limites, leurs défauts, leur idiotie. Ceux que Song Jian rassemble autour de lui ne sont aucunement des merveilles de vertu, certains peuvent même être des tueurs psychopathes, mais ils sont tous des braves, des remarquables combattants et des révoltés contre le pouvoir. Si vertu il y a, elle réside dans leur rassemblement : dans la salle de la justice et de la vertu, précisément. Et Song Jian l’avouera au chapitre suivant sans vergogne, s’il a tué le tigre à main nu, c’est parce que l’alcool dont il était imbibé lui avait ôté toute capacité de raisonnement et de prudence.au bord de leauT2

Le second passage présente un personnage beaucoup plus fin, un des derniers arrivé dans la bande des brigands, Yan Xing et un lutteur célèbre Ren-Yan « le Pilier Céleste ». Yan Xing, malgré son petit gabarit est un grand lutteur, maitre d’art martial, et aussi un artiste. Il voudra quitter les marais pour affronter Ren-Yan, sur une estrade, publiquement, à l’occasion d’un festival d’art martial. C’est donc une compétition sportive à laquelle il nous est proposé d’assister, où comme de toute éternité « les choses mettent du temps à êtres décrites, mais dans la réalité, ça va très vite ! ».

Extraits choisis du tome 1 et du tome 2.

Mots-clés: Lutte, Bibliographie

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