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Non, les hommes n’ont pas toujours fait la guerre, par Marylène Patou-Mathis

Non, les hommes n’ont pas toujours fait la guerre. C’est ce que nous explique dans cet article la préhistorienne Marylène Patou-Mathis, écrit dans les traces de son livre Préhistoire de la violence et de la guerre (2013 chez Odile Jacob).

prehistoire de la violence et de la guerreEt non, nos ancêtres n’étaient pas forcément les sauvages sanguinaires et belliqueux, armés de massues et en perpétuel conflit qui peuplent nos imaginaires. La réalité archéologique et les recherches anthropologiques permettent aujourd’hui de porter sur eux un tout autre regard et de « répondre un peu mieux à cette question qui divisa les plus grands philosophes : la violence humaine est-elle innée ou induite par le contexte ? »

Est-ce que la violence est intrinsèque à l’homme, ou au contraire est-ce que la violence est culturelle, construite par la société ? Marylène Patou-Mathis remonte aux origines de l'Homme pour trouver les traces de cette soi-disant violence originelle. « Pour expliquer, excuser, la violence de l'homme actuel on trouve souvent dans la littérature grand public, mais aussi dans des livres plus scientifiques une raison toute simple. L'homme d'aujourd'hui est violent car il a toujours été comme cela, c'est dans sa nature... »

Or, si l'archéologie ne trouve que très peu de preuves de violence (des sacrifices rituels pour la plupart), ce qu’elle met le plus souvent en lumière ce sont au contraire des indices d'altruisme et de compassion qui tendent à prouver que « l’entraide, ainsi que la coopération et la solidarité, plus que la compétition et l’agressivité, ont probablement été des facteurs-clés dans la réussite évolutive de l’espèce humaine. »

Et non, la guerre n’a pas toujours existé. Elle semble être apparue au cours de la mutation socio-économique du néolithique, avec la naissance de l’économie de production et le bouleversement des structures sociales (sédentarisation, invention de l'agriculture, de la notion de propriété…), il y a environ dix mille ans. C’est à partir de cette époque que naissent les figures viriles du chef et du guerrier (et qu’on commence aussi à trouver les premières traces d’esclavage).

« Ainsi, la « sauvagerie » des préhistoriques ne serait qu’un mythe forgé au cours de la seconde moitié du XIXe siècle pour renforcer le concept de « civilisation » et le discours sur les progrès accomplis depuis les origines. »

Marylène Patou-Mathis est l'auteure de plusieurs ouvrages de préhistoire qui font autorité. Elle est docteur en préhistoire, directrice de recherche au CNRS, responsable de l'Unité d'Archéozoologie du Laboratoire de Préhistoire du Muséum national d'histoire naturelle et responsable des collections ostéologiques (faune) de l'Institut de Paléontologie Humaine.

Mots-clés: Divers

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