Le Cercle

Une exploration des clubs de sports de combat en Seine-Saint-Denis

De la boxe, de Joyce Carol Oates,1987

Oatestraduit de l'anglais par Anne Wicke, Editions Tristram, 2012.

C’est la 1ère traduction intégrale de l’essai de Joyce Carol Oates paru en 1987 en Amérique. Oates essaie avec rigueur de percer le « mystère » de sa fascination personnelle depuis l’enfance pour ce sport viril et violent. C’est une méditation profonde, nourrie par la vision des combats mais aussi par les paroles saisissantes des athlètes et l’histoire de la discipline (depuis les gladiateurs romains à Mike Tyson). Spectatrice,  Oates révèle une part de sa vie en s’efforçant de traduire une « expérience émotionnelle que les mots ne peuvent transmettre » et interroge en même temps les passions que suscite le spectacle de la Boxe (cet étrange mélange d’engouement, de déni, et de dégoût). Avec la Boxe, il ne s’agit pas pour Oates d’un sport comme les autres mais de la vie elle-même, dans sa violence, sa cruauté et sa beauté. La Boxe est « primitive comme la naissance, la mort, l’amour physique ».

«  Aucun autre sujet n’est, pour l’écrivain, aussi intensément personnel que la Boxe. Ecrire sur la Boxe, c’est écrire sur soi-même – aussi elliptiquement et aussi involontairement que ce soit. Ecrire sur la Boxe, c’est être forcé de réfléchir non seulement à la Boxe, mais surtout aux limites de la civilisation – à ce qu’être « humain » veut dire, ou devrait vouloir dire. »

Qu’il soit adoré ou décrié, pourquoi un combat de boxe, même visionné à la télévision, ne laisse jamais indifférent ? Quelle pulsion de voyeurisme enfouie vient parfois exciter chez le spectateur, dégoûté ou exalté, le spectacle de la violence ? En ce sens, analyse Oates, la boxe pourrait presque être comparée à la pornographie, qui a suivi un développement tout aussi impressionnant en Amérique.

« Le spectacle d'êtres humains luttant l'un contre l'autre, qu'elle qu'en soit la raison, y compris à certains moments bien médiatisés, pour des sommes d'argents stupéfiantes, est excessivement perturbant, car il viole l'un des tabous de notre civilisation. De nombreux hommes et femmes, même s'ils se sont blindés contre ça, ne peuvent regarder une rencontre de boxe parce qu'ils ne peuvent s'autoriser à voir ce qu'ils sont en train de regarder. Impuissant, on se dit : Ce n’est pas possible que cela se passe ainsi, alors même que, et le plus fréquemment, c’est réellement en train de se passer ainsi. A cet égard, la boxe comme spectacle public est proche de la pornographie : dans les deux cas, il est fait du spectateur un voyeur, distancié, mais surement impliqué intimement dans un événement qui n'est pas censé se dérouler comme il se déroule ».

Mots-clés: Boxe, Bibliographie

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