Le Cercle

Une exploration des clubs de sports de combat en Seine-Saint-Denis

Interview de Baba (lutteur)

Baba (Mamadassa) est lutteur, licencié à Bagnolet Lutte 93 (Les Diables Rouges). C'est là qu'il a commencé. Il s'entraine maintenant à l'INSEP. Il nous raconte sa découverte de la lutte aux Diables Rouges où nous l'interviewons.

La première fois que je suis monté sur un tapis de lutte, j’étais en centre de loisir. L’animateur nous avait dit : « Venez, on va à la lutte ». Moi je disais : « Non, je n’aime pas la lutte. » Il nous proposait tous les jours. Et un jour il a dit : « Si vous êtes chauds, aujourd’hui je vous emmène à la lutte. » Ce jour-là, on a dit : « OK. » On est partis. Je suis monté une fois sur le tapis, j’ai super bien aimé et je ne suis plus jamais descendu. C’était ici, dans cette salle. J’avais onze ou douze ans.

L’animateur, Julien Legendre, un ancien lutteur, nous a donné le cours. Nous, on cherchait juste à montrer qui était le plus fort. Il nous montrait des techniques mais on y arrivait pas. Mais c’était bien. Le lendemain on lui a demandé si on pouvait retourner à la lutte et on est revenus. Ensuite on est venus tous les jours pendant ces vacances. À la fin des vacances, il nous a dit : « Il y a entrainement le mardi, jeudi, vendredi ».

Au début, pendant deux ans, j’ai fait les entrainements des petits avec Ahmed, je n’avais pas le droit d’aller avec les grands et après j’ai commencé l’entrainement des grands. Toujours ici.

J’avais déjà vu de la lutte. Au gymnase Maurice Baquet (un des gymnases de Bagnolet). Il y avait la D1. J’étais petit, je m’en rappelle. C’était à côté de chez moi. Ils organisaient les compétitions de D1 juste à côté de chez moi. Je voyais plein de monde rentrer, sortir, je voyais que c’était dans le noir. Après je suis rentré. Il y avait beaucoup de monde. Dès que je suis rentré, j’ai vu un combat. Après, dès qu’il y avait ce championnat, j’y allais tout le temps. J’y allais et je disais : « J’ai envie de faire de la lutte mais je ne sais pas où faire de la lutte. ». Je ne savais pas où il y avait un club de lutte à Bagnolet. Parce que quand on était petits, on ne venait pas jusqu’ici, on n’avait pas le droit. J’étais petit, j’étais avec mes frères, on était en bande, on regardait. Après je disais : « Je veux faire ce sport, j’ai envie de faire ça, j’aime bien ». Je suis venu comme ça, par hasard. Les compétitions c’était des grands, moi j’étais petit et ça m’a plu direct. Je me rappelle que j’avais vu Mélo (Mélonin Noumonvi, champion du Monde) mais je ne savais pas qui c’était. A cette époque on avait le droit d’arracher avec clinch. Je me rappelle que j’avais vu Mélo, il avait arraché son adversaire et il l’avait jeté et je me suis dit : « Il faut que je fasse ce sport. » Je m’en rappelle.

Il y avait aussi un lutteur qui s’appelait Didier Darcy. Il était à Bagnolet. Il y avait aussi Henri. Henri, il habitait dans mon quartier et tout le monde disait qu’il était lutteur mais moi, je ne savais pas ce que c’était la lutte. On me disait : lutteur et je ne savais pas ce que c’était. Je pensais que c’était comme du judo. Je n’en avais jamais vu à la télévision.

Au début je ne faisais que de la lutte libre. Je ne savais pas qu’il y avait de la gréco. J’apprenais super vite et les entraineurs aimaient bien ça.

On faisait beaucoup de compétitions où il y avait de la gréco. On allait à l’étranger, par exemple en Hongrie où ils ne font que de la gréco. La première fois que j’ai fait de la gréco, je ne connaissais pas, je prenais les jambes. Les arbitres m’arrêtaient. Didier (Didier Duceux, président de Bagnolet Lutte 93) me disait : « Tu n’as pas le droit de prendre les jambes » Moi je n’en faisais qu’à ma tête, je prenais les jambes ! Je pensais qu’en compétition il n’y avait que de la gréco, pas de libre. La libre j’aimais bien mais je croyais qu’il n’y avait pas de compétition de libre. Je n’en avais jamais fait à part le Grand Prix de Bagnolet mais comme c’était la compétition du club, je pensais qu’ils l’avaient fait pour nous. Toutes les compétitions à l’étranger c’était de la gréco. Je faisais toujours de la libre en entrainement, j’ai même fait les championnats de France de libre. J’ai continué la libre jusqu’à ce que je puisse choisir, en junior. Didier me disait toujours : « Il faut que tu t’entraines en gréco. » Mais je n’avais pas beaucoup de partenaires ici. Je n’avais personne. Donc je m’entrainais avec les plus grands. C’est grâce à eux que j’ai progressé. Ils me montraient plein de trucs. Par exemple Omar (Omar Kateb, lutteur aux Diables Rouges) me montrait beaucoup de trucs. Baïssa aussi me montrait beaucoup de trucs. Je me sens à l’aise en gréco. En libre je me sens trop courbé, j’ai mal au dos. Si je ne m’étais entrainé que en libre, je serai un lutteur de libre aujourd’hui.

Je suis resté longtemps à m’entrainer ici. Ça fait trois ans que je suis à l’INSEP. L’année prochaine ça fera quatre. J’ai vingt-deux ans, je suis rentré à dix-neuf ans. Je me suis longtemps entrainé ici et je ne ratais jamais un entrainement. Des fois je me prenais la tête avec Didier.

Quand j’étais petit, j’étais turbulent un peu. Je ne pensais pas que la lutte allait me faire changer comme ça. Si je ne faisais pas de lutte, je ne pense pas que je serais comme ça dans ma vie. J’ai grandi, je n’ai pas d’histoires, pas de problèmes. Avant, j’avais plein d’histoires, maintenant je n’ai pas d’histoires, je suis tranquille dans ma vie, je reviens de mon sport, je rentre chez moi, je vois ma famille et c’est ce qui me va.

Avant la lutte, j’avais fait de la boxe avec notre éducateur avec l’association Rues et Cités. En boxe aussi j’étais pas mal ; L’entraineur disait que j’étais rapide. Quand je faisais de la boxe, je disais : « Je veux faire de la boxe. » Mais en fait, ce n’était pas moi. Si j’avais continué la boxe, je n’aurais pas changé. Avant, je me prenais la tête avec des gens, je me battais. Si j’avais continué la boxe, je n’aurais pas changé, peut-être que je serais devenu pire. La lutte c’est du corps à corps et il faut avoir la technique.

Quand je suis venu à la lutte, je me rappelle que je me faisais tordre dans tous les sens. Par des plus petits que moi Même que j’en pleurais. Je m’en rappelle. A la base -ça me fait rire maintenant- j’étais quelqu’un qui voulait venir directement à la bagarre. Maintenant, je n’ai plus le temps pour ça. Et même plus l’envie. J’ai d’autres choses à faire dans la vie.

Quand on s’entrainait, à la fin tout le monde partait et Didier me disait : allez tu vas faire ça. Pendant je ne sais pas combien de temps. Il me montrait des techniques qui me faisaient super mal. Mais c’est pour moi qu’il me les montrait. Au jour d’aujourd’hui Didier c’est comme mon père. On rigole, tout ça. Tranquille.

Je m’entraine à l’INSEP maintenant. Quand je m’entrainais ici, au début j’étais à l’école, j’étais à Hénaff (lycée général et professionnel à Bagnolet) et puis j’ai arrêté l’école, parce que j’avais des problèmes, avec les profs etc. Quand j’ai arrêté, je ne faisais rien pendant la journée, je ne faisais qu’attendre le soir pour venir m’entrainer. Quand je suis rentré à l’INSEP, il y avait deux entrainements par jour, le matin et l’après-midi. Au début, je ne connaissais pas trop les gens et moi je suis quelqu’un de réservé, je n’aime pas trop aller vers les gens que je ne connais pas. Après, il y avait Tarik (Tarik Belmadani lutteur en équipe de France), il y avait Mélo, ils m’ont mis dans le bain, et jusqu’au jour d’aujourd’hui ça va. Je n’ai pas d’histoires, tout va très bien. Je m’entraine tous les jours.

J’ai plusieurs rêves. Je ne veux pas aller trop vite. Déjà j’aimerais bien faire les championnats du Monde ici à Paris (en 2017). Etape par étape. Déjà les championnats du Monde. Après, faire les championnats d’Europe, et pourquoi pas faire les Jeux ?

Quand je m’entrainais ici je ne connaissais pas l’INSEP, je ne savais pas comment c’était. Je me disais que c’était peut-être une salle comme ici, juste avec les champions. Je n’ai jamais pensé que ça pouvait être aussi grand avec tous les athlètes etc. La première fois que j’y suis allé, j’étais choqué, parce que j’ai vu Teddy Rinner etc. J’étais trop content, je n’avais jamais vu Teddy Riner, j’étais trop content. J’ai vu les athlètes qui couraient. C’était bien.

Je ne veux pas me porter l’œil mais depuis que je faisais de la lutte il ne m’était rien arrivé encore. On me disait : « Quand tu vas grandir, tu vas voir, c’est là que les blessures vont commencer à venir. » Quand j’ai fait le tournoi de Paris en janvier dernier, j’ai lutté le premier et le deuxième jour en 66 kg et en 71 kg. En 71 kg ils étaient un peu lourds pour moi. Je ne l’ai pas senti sur le coup, mais je pense que mon épaule a bougé et j’avais des vraies douleurs à l’épaule. Je me suis fait faire des infiltrations à la clinique des Lilas, j’ai fait un peu de rééducation après et maintenant ça va. J’ai une blessure au pied, ça part, ça vient, je ne sais pas comment faire. J’ai lutté au France avec (championnat de France qui a eu lieu le WE précédent). Ça me fait mal quand je fais du sol et au France, peut-être parce que j’étais dans le match, je n’ai rien senti, même au sol. Pour l’instant ça va, je m’entraine bien, je m’échauffe bien, à la fin je m’étire bien.

Ma première compétition, je m’en rappelle, c’était le Grand Prix de Bagnolet. Avec des palestiniens etc. Je me rappelle que j’avais lutté contre Jalel. Je m’en rappelle, j’ai des photos chez moi. Jalel, c’était le petit frère de l’entraineur. Il faisait de la lutte depuis longtemps. On était dans la même catégorie. A l’entrainement il me battait et à la compétition je l’ai battu. Après j’ai fait un deuxième match, j’ai gagné encore, j’étais trop content ! Mais je me rappelle que j’avais un stress ! jJ’étais trop stressé ! Avant le combat, le tout premier combat. Je savais que j’allais lutter contre lui (Jalel) mais j’étais stressé. Ce n’est pas de la peur mais je me disais : « Si il me bat, qu’est-ce que je vais faire ? » Je me rappelle que Julien était à ma chaise. Après la première manche j’étais en train de perdre et je suis parti le voir à la pause. Il m’a dit : « Si tu ne fais rien, c’est fini, tu vas perdre. » Dès que je suis revenu, je me suis dit : « Je ne peux pas perdre ». Il était fatigué, j’ai tout donné et j’ai gagné. Je me rappelle que j’étais arrivé deuxième.

Je n’avais jamais ressenti l’adrénaline. Jamais. Je n’avais peur de rien dehors. Je n’avais jamais senti l’adrénaline comme ça. J’allais à la fête foraine, je montais dans tous les jeux, je n’avais pas peur, ça ne me faisait rien. Depuis le Grand Prix de Bagnolet, depuis que j’ai senti l’adrénaline comme ça, je me suis dit : « Je peux changer. » Depuis ça, je suis venu tout le temps à la lutte, tout le temps, tout le temps, tout le temps. À la compétition, il fallait que je sorte dehors, que j’aille prendre l’air. Maintenant ça ne me le fait plus comme avant. Quand j’étais petit, je ne luttais pas pour moi. Je luttais pour Didier ou d’autres. En gros, je ne me faisais pas plaisir, je voulais faire plaisir à Didier ou d’autres. Parce qu’il m’a entrainé, qu’il m’a montré plein de trucs. Mais j’ai compris que dans la lutte, il faut que tu luttes pour toi. Si tu veux t’en sortir. Tu penses aux autres une fois que tu as ta médaille. Avant quand je luttais, ce n’est pas que j’avais le trac mais je me disais : «  Si je perds, peut-être que Didier me dira de ne plus venir à la lutte. » Et moi je voulais trop venir à la lutte. Et ma mère voyait que je changeais, elle me disait : « Oui, va à la lutte, continue. ».

Ma mère ne m’a jamais vu lutter. Jamais. Si je lui disais, elle viendrait. Je lui dis juste que je fais des compétitions. Elle me dit : «J’espère que tu vas gagner », elle fait des prières pour moi. J’aimerais bien qu’elle vienne me voir mais si elle vient j’aimerais bien qu’elle me voit gagner. Il ne faudrait pas que je perde. Peut-être qu’elle pourrait pleurer ou je ne sais pas quoi. Je lui ai juste montré des vidéos. Elle m’a dit : « Ah non, c’est trop violent. » Mais elle sait que c’est du sport. Un jour elle viendra. Mais il faudra que je gagne ! Mon frère est venu me voir juste une fois. En D2, au gymnase Fanara. Je lui avais dit que j’allais lutter. Il m’avait dit qu’il passerait. Je pensais qu’il n’allait pas passer. Moi je l’attendais, j’étais en train de m’échauffer, je l’attendais. En fait il est venu discrètement, il est monté par en haut, je ne l’ai pas vu. Je me suis dit : « Il n’est pas venu, ce n’est pas grave. » J’ai lutté, j’ai gagné et il est descendu, il est venu me voir, il m’a félicité, il m’a demandé si j’avais un deuxième match, j’ai dit non, il m’a dit « C’est bien. » Il m’a félicité et il est parti. J’étais content.

Ma mère regarde la lutte sénégalaise à la télévision. Elle ne connaît pas la lutte que je fais. Les compétitions sont loin souvent. Ma mère n’a pas le permis. Si il y a une compétition ici elle va venir. Pour les championnats du Monde. J’espère. Je vais m’entrainer dur, je vais m’entrainer dur dur dur dur. Un an, ça va vite.

Je ne connaissais pas la lutte sénégalaise. Chez nous on a toutes les chaines africaines et ma mère regardait. Un jour elle me dit qu’il y a de la lutte et j’ai regardé avec elle. Ce n’est pas comme la lutte olympique, ils frappent. C’est bien mais je ne pourrais pas faire ça. C’est des monstres, ils sont lourds.

En lutte olympique on a tous la même lutte et des styles différents.

Mes points forts c’est debout, en haut, user l’adversaire et le mettre au sol. Maintenant je suis en train de travailler des trucs que je ne faisais jamais avant : des bras à la volée… en compétition, je me fais plaisir, je le fais et ça passe. Je regarde beaucoup de vidéos, par exemple le soir quand je n’ai rien à faire, je regarde sur internet, sur youtube. S’il y a un truc qui me plait, je le regarde plein de fois, plein de fois et je vais essayer de le reproduire. J’aime bien regarder Mélo, Tarik, Steve (Steve Guenot, dans l’équipe de France). Il y avait Lopez (Mijain Lopez, champion olympique 2008 et 2012 ; cinq fois champion du Monde - https://www.youtube.com/watch?v=tuQ_U-UDOG0) aussi que j’aimais bien, c’est un cubain, 130 kg.

Je regarde aussi de la boxe, l’UFC, le judo j’aime bien aussi.

Je pense que j’ai beaucoup de points faibles. Il faut que je les travaille. En match, des fois quand je perds, j’ai envie de tout casser. Avant franchement je cassais tout, je tapais dans les chaises. (Ma première défaite c’est quand j’ai perdu en finale à la compétition de Bagnolet. Mais là j’étais content parce que j’avais fait deuxième.) A une compétition, en D2, j’avais lutté contre quelqu’un, je ne sais plus son nom, je lui ai mis un point et je l’ai sorti, donc je pensais qu’il y avait 2-0. Et il ne restait pas beaucoup de temps. J’étais en train de lutter et j’entendais Eric qui était à ma chaise. Il me disait : « Ils t’ont pas mis le point ». Je commence à tenir le mec, je regarde le chrono et je ne vois rien. J’essaie de tout faire pour marquer des points et il bloque la lutte. Il ne faisait rien. Il a gagné. Et après j’ai fait n’importe quoi : j’ai tapé dans des chaises, sur une table, j’ai crié sur les arbitres. Didier m’avait crié dessus. Après je suis revenu, je me suis excusé. Maintenant j’ai compris que ça ne sert à rien de crier sur les arbitres. J’ai compris. Si l’arbitre ne veut pas que tu gagnes, tu ne vas pas gagner. Mais si tu es plus fort que l’autre, que l’arbitre veuille ou pas que tu gagnes, si tu es plus fort, tu es plus fort. Mais si c’est serré, l’arbitrage peut jouer. Mais maintenant je ne me prends plus la tête. Par exemple ce WE en finale 3-5 (des championnats de France) j’étais en train de lutter. L’arbitre me dit : « Au sol ». Dès qu’il m’a dit au sol, je me suis mis en clinch et j’attendais et il m’a dit : « Non, pas toi, l’autre. »Je me suis remis debout mais normalement c’est à moi de choisir si mon adversaire va au sol ou si il va debout. Il y a plein de trucs comme ça. Je ne pouvais rien faire. Pour moi, les arbitres ne sont pas sûrs d’eux. C’est ça qui est dommage. On peut regarder la vidéo. Quand j’ai perdu ce WE je pense que la vidéo a joué un petit peu. On m’a dit que j’étais sorti mais je suis persuadé que je ne suis pas sorti. Maintenant, c’est passé, c’est passé, j’ai tourné la page. On passe à autre chose.

Je ne vais pas dire que je m’entraine pour le plaisir, franchement si je m’entraine c’est parce que je veux faire des compétitions. C’est mon but. En aucun cas, je dirai : « Je ne ferai pas cette compétition. » Si on me met dessus, j’y vais. On est là pour ça. C’est le job. Tu vas taffer. C’est ce que je me dis.

Ce WE quand j’ai lutté j’avais Tarik à ma chaise. Avec lui, on fait une stratégie ensemble, on se dit comment on va battre mon adversaire. Ce WE, on avait fait une stratégie qui était de le prendre en bras extérieur et de ne pas le lâcher, qu’il allait craquer. Et il a craqué. Tarik m’avait dit : « Quand il va aller au sol, tu l’arraches, tu le jettes et tu lui mets une ceinture de côté. » Je l’ai arraché, mais je ne pensais pas que j’allais le monter aussi facilement, donc quand je l’ai monté j’ai été perdu, je l’ai relâché et on est repartis au sol, et quand j’ai essayé de l’arracher à nouveau il a commencé à défendre. J’ai été surpris par moi-même. D’habitude quand je fais quelque chose ça passe tout le temps mais là je m’étais dit qu’il allait défendre. A la base, je voulais le prendre en ceinture de côté et je pense que je l’aurais retourné en ceinture de côté. Mais je ne regrette rien parce que j’ai tout donné. J’ai tout donné. Je ne regrette rien. Après le match, j’ai crié mais ce n’est pas ça qui va changer. C’est fini, c’est fini.

Je suis plutôt allé aux chaises des petits pour l’instant. Je ne peux pas dire que je vais lui transmettre quelque chose. Si je lui dis de faire un truc je ne sais pas s’il sait le faire. Je ne peux pas savoir parce que je ne suis pas son entraineur. Donc je lui dis de continuer, de ne pas lâcher.

La personne qui est à la chaise est importante.

Pour le poids, je commence toujours le régime un peu avant. Avant je perdais mon poids n’importe comment. J’arrivais en compétition j’étais H.S. Depuis que je suis cadet, j’ai toujours fait des régimes. Jusqu’à maintenant. Avant c’était dur mais maintenant ça va parce que j’arrive à gérer, je commence un peu avant. Je perds cinq kilos environ. Avant, je perdais six à sept kilos parce que j’étais en 60 kg. Et je me suis dit que je me faisais mal à la santé pour rien. Ma mère me l’a dit aussi. J’ai préféré monter de catégorie. Parce que des fois j’arrivais en compétition et j’avais des crampes dans les jambes, dans les bras. A une compétition, je sais très bien que j’ai perdu parce que j’avais des crampes. Dans tous les avant-bras, dans les doigts, mes doigts se refermaient, je ne pouvais rien faire, j’étais tétanisé. Ça me le fait toujours. Ce WE ça me l’a fait mais que en finale 3-5. Dans le minibus au retour quand je dors ou je m’étire, mes doigts restent contractés, je dois les ouvrir moi-même un par un.

Maintenant je lutte en 66 kg. Mon poids normal c’est 70, 71 ou 72 kilos.

On montre les fresques de Beni-Hassan.

Ça ressemble plus à la lutte libre. Ce sont des égyptiens ? C’était de la lutte libre dans ces pays-là ? Il y a beaucoup de corps à corps.

Je connais la lutte turque à l’huile, j’ai regardé sur internet. Ça a l’air dur. Avec de l’huile tu peux rien faire ! J’ai vu un reportage à la télé sur la lutte indienne. Dans la terre rouge. Je ne connais pas trop les luttes traditionnelles.

Pour les compétitions je suis déjà parti en Hongrie, en Slovaquie, en Autriche. On est sortis avec Didier.

Je ne sais pas du tout si j’ai envie d’être entraineur. Pou l’instant je n’y pense pas. Je n’ai pas envie de me bourrer le crâne. J’ai envie de faire étape par étape. Si je dois devenir entraineur c’est que j’ai réussi dans la lutte. Je ne vais pas dire : « Je ne vais pas entrainer des gens qui savent pas lutter. » Si je dois être entraineur, j’entraine tout le monde. Mais franchement là tout de suite je ne pourrais pas vous répondre, je ne sais pas du tout.

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